La chute de la Maison Usher d'Edgar Poe

Je continue mon exploration des nouvelles d’Edgar Poe par La chute de la Maison Usher. Une histoire à ne pas lire le soir !

Un homme arrive chez son ami d’enfance Roderick Usher qu’il n’a pas vu depuis longtemps. La batisse ressemble à une maison hantée. Un majordome l’accompagne dans la chambre du maître à travers un dédale de couloirs tous aussi glauques les uns que les autres. Ils croisent le médecin de famille qui ne le voit pas et enfin il arrive dans la pièce du maître. L’ami d’enfance a énormément changé : il a une figure cadavérique, les cheveux qui flottent autour de sa tête, des yeux de fous (et même les pensées d’un fou). Au lieu de partir directement, le voyageur s’installe pour quelques jours dans la demeure pour aider son ami qui pense qu’il va mourir (c’est sympa parce que personnellement moi je serais partie tout de suite). Le même jour il aperçoit Madeline Usher, la soeur jumelle de Roderick. Elle aussi est très malade et a déjà un pied dans la tombe mais résiste quand même (elle n’aperçoit même pas le voyageur dans le salon). Le soir de l’arrivée du narrateur, elle s’allonge dans son lit et c’est le début de la fin. Quand elle meurt, Roderick décide de la garder quinze jours dans le manoir pour éviter que les docteurs, qui n’avaient pas compris sa maladie, s’intéressent de trop près à son corps. Le narrateur et lui mettent donc en bière Madeline et vont la déposer dans une des anciennes oubliettes du manoir. Là, les phénomènes étranges commencent…

Pour tout vous dire j’ai été un peu déçue par la « chute » de la nouvelle. Deux phrases mal placées au début du texte et un titre trop explicite vous font tout de suite deviner ce qui va se passer. C’est plutôt pour l’atmosphère qu’Edgar Poe a su créér que cette nouvelle est intéressante. Si Double assassinat dans la rue Morgue est considéré comme précurseur de la nouvelle policière, La chute de la Maison Usher est plus dans le côté fantastique (plutôt vieux films d’horreur). À la lecture vous avez le souffle coupé par cette ambiance glacante, froide pleine de toiles d’arraignée, de majordome qui n’a rien a envié à celui de la famille Adams.

L’avis très mitigé de La Liseuse.

J’ai complété ma lecture par une des nombreuses adaptations en bandes dessinnées de cette nouvelle. Celle que j’ai choisie a été publiée en 2007 chez Emmanuel Proust dans la collection Atmosphères.

L’adaptation et les dessins ont été réalisés par Nicolas Guillaume. Le monsieur a un peu changé l’histoire sur la fin mais l’idée générale reste la même. Dans les dessins, on retrouve parfaitement l’ambiance de la nouvelle d’Edgar Poe. Ils sont réalisés (à mon avis mais je n’y connais rien) à l’encre de chine (en tout cas mon frère arrivait à faire des dessins à peu près pareils avec l’encre de chine) et sont donc en noir et blanc. On voit les coups de pinceau (ou de plume ?). L’auteur ne dessine pas avec minutie les visages mais préfèrent montrer leurs émotions en accentuant certains traits. Cela amplifie l’angoisse que l’on peut ressentir à la lecture. Les décors de la maison sont eux dessinnés avec minutie. La technique que l’auteur utilise consiste souvent à montrer la pièce en général et à faire des zooms sur des détails particuliers comme un réalisateur de film pourrait le faire pour montrer ce qui peut faire peur dans un tel endroit. Il y aussi les dessins des phénomènes météorologiques : la pluie, le vent, les feuilles qui tombent. L’auteur arrive a capté la violence qui se déchaine sur cet maison.

À noter : comme dans La vengance d’une femme de Lilao publié dans la même collection, Emmanuel Proust a mis le texte de la nouvelle juste après la bande dessinnée.

En conclusion : pour lire cette nouvelle, mettez-vous dans un endroit confortable avec une seule lumière pour éclairer votre livre. Laissez le reste de la pièce dans l’ombre et préparez vous à frissonner !

Références

La chute de la Maison Usher d’Edgar Poe dans Nouvelles histoires extraordinaires – traduit par Charles Baudelaire (GF, 2008)

La chute de la Maison Usher d’Edgar Poe – adaptation : Nicolas Guillaume d’après la traduction de Charles Baudelaire, dessins : Nicolas Guillaume (Emmanuel Proust, 2007)

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