M de Jon J. Muth

M est l’adaptation en bande dessinée d’un des premiers films parlant, film de Fritz Lang. La première chose que l’on observe en ouvrant l’album c’est la relative économie de texte et aussi un typographie très particulière : une typographie de traitement de texte. Cela donne l’impression d’un texte superflu, comme si on l’avait plaqué sur les images. Je n’ai jamais vu le film de Fritz Lang mais après j’ai lu la préface où on explique que c’est un élément important du film.

Pour ceux qui n’ont jamais vu le film, je raconte quand même un peu l’histoire. Une ville allemande, industrielle (Berlin apparemment) de l’entre-deux-guerres au vue des habits. La population est terrorisée car il y a un tueur d’enfants qui traînent dans les rues. La police échoue à arrêter les meurtres. Une bande de mafieux tente eux de retrouver le criminel et ils y arrivent. Ils ne livrent pas à la justice mais le juge devant un tribunal populaire. Il sera bien évidemment lynché. Pourtant la police avait enfin trouvé le nom du coupable.

Dans la préface, on nous explique qu’un des éléments importants du fils est, dans la bande son, le sifflement du meurtrier et son f’rénétique grattement d’ongle au moment du procès. Dans la bande dessinée, je crois que l’auteur n’arrive pas vraiment à faire passer ça. Cela ne m’a paru si important que ça même si le sifflement permet de trouver le nom de l’assassin.

Ce qui marque dans la BD ce sont les images. C’est juste hallucinant et vraiment très personnel. La couverture en est un exemple. Au début je pensais que c’était des images du film que l’on avait recolorisées mais en fait non (c’est expliqué dans la postface). L’auteur a fait jouer à sa famille les scènes, les a prises en photos puis les a peint à partir de ses photos. Même si la photo était mauvaise, l’auteur reproduisait la photo. L’impression est celle d’un mouvement en suspend. On s’attend à voir bouger l’image. Le style de peinture choisie donne l’idée d’un mouvement furtif, évanescent. C’est vraiment très particulier car on y est pas très habitué.

J’ai acheté l’album fermé et j’ai été déçue au premier abord par l’image. Il m’a fallu six mois pour l’ouvrir et finalement cela m’a beaucoup plu même si ce n’était pas gagné !

Références

M de Jon J. MUTH (Emmanuel Proust Éditions – collection Atmosphères, 2009)

8 commentaires

  1. C’est un excellent film, j’espère que tu auras l’occasion de le voir. Quant à ce BD, l’idée de colorisation des images (comme ça se fait au cinéma, par exemple pour « A scanner Darkly ») a l’air originale, à même de rendre l’effet effrayant de brume et de noirceur. Je suis très tentée.

    1. Pour le film, j’avais envoyé mon frère le chercher mais il ne l’a pas trouvé. J’espère que samedi j’aurais plus de chance. Je ne connais pas du tout « a scanner darkly ». Je vais aller regarder cela de plus près !

  2. Ton billet me rappelle que j’avais vu ce film en allemand au lycée et finalement compris fort peu de choses. Il serait temps que je le regarde en français.

    1. @ Stephie : je n’essaierais pas en allemand mais je te dirais, si j’arrive à me le procurer, si c’est mieux en français 🙂

    1. @ Matilda : cela marche vite la poste entre Paris et la Lorraine dis donc ! Contente que tout t’es plu !

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