Le grand diamant des Hoggarty de William Makepeace Thackeray

Quatrième de couverture

Alors qu’il espérait une confortable donation, le jeune Samuel Titmarsh, treizième commis dans une compagnie, ne reçoit de sa tante, la riche Mrs. Hoggarty, qu’une simple épingle en diamant. Tout d’abord déçu, il ne tarde pas à découvrir que la possession de ce bijou va lui ouvrir les portes de la haute société londonienne et lui permettre une ascension fulgurante dans le monde des affaires.

Il pourra alors épouser la charmante Mary Smith, qui l’attend dans sa province natale.

Tout semble lui sourire jusqu’au jour où…

Mon avis

Voilà un livre anglais très classique dans l’écriture, dans l’histoire et dans la manière de traiter celle-ci.

L’histoire traite de spéculations financières, de compagnies d’assurances, d’arnaques financières. Les employés de la compagnie d’assurances, les commis, payent pour avoir leur place, eux ou leur famille d’ailleurs en étant partie prenante dans l’entreprise. Toute l’histoire tient au fait que notre narrateur a une parente riche et que son patron y voit l’occasion de s’enrichir encore un peu plus. Il est donc pris entre la cupidité de son patron et de sa tante en plus de sa propre vanité (il a beau s’en défendre, c’est ce que j’ai pensé). Il s’en suit des péripéties qui le mèneront jusqu’à la prison (on découvre cela aussi dans le livre car il y en a de toutes sortes : privées, publiques, pour les indigents). L’auteur traite aussi des différences entre les classes sociales qui sont bien séparées. On voit cela car le narrateur dans une première partie part de rien pour arriver à tout puis après redescend vers … rien.

Thackeray, dans ce livre, a un style classique (vous allez me dire que c’est peut être lui qui l’a fait le style classique ou plutôt une manière classique de raconter l’histoire. Le narrateur raconte donc son histoire sous forme de scènes, de petites aventures où finalement on attend la suivante pour comprendre ce qui va se passer. Ce que je veux dire, c’est qu’une scène de la fin a très peu de chance de faire allusion à une scène du début (idem pour les personnages et si c’est le cas, comme pour la première logeuse du narrateur, il nous est bien rappelé qui elle était). On saute d’une scène à l’autre en suivant le narrateur et finalement, on s’attache moins au contexte et plus aux personnages. Je pense que cette impression est due au fait que le livre a d’abord été publié en feuilletons sous le pseudonyme de Michael Angelo Titmarsh dans le Fraser’s Magazine (septembre – décembre 1841) (et republié en volume par la suite, en 1848 exactement).

Les personnages sont classiques aussi. Il y a toute une galerie de personnages tous très typés : la vieille acariâtre, l’épouse angélique, la mère prête au sacrifice, le nanti, le noble estimable, l’homme de pouvoir moins estimable …

La morale est assez fascinante puisque le narrateur en déduit que c’est le fait de croire qu’il avait de l’argent (il n’avait « qu’une épingle en diamant) qui lui fait perdre la tête, jouant ainsi l’argent de sa mère et de sa tante. Dès lors, qu’il n’a plus l’épingle, tout va pour le mieux. Le livre se termine d’ailleurs ainsi :

et sur ce, je tire ma révérence, en priant tous ceux qui liront attentivement ces lignes d’être prudent avec leur argent, s’ils en ont, d’être encore plus prudents avec l’argent de leurs amis ; de se rappeler que les grands profits impliquent de grands risques ; que les habiles capitalistes de ce pays ne se satisfont pas de quatre pour cent pour leur argent, quand ils peuvent, en toute sécurité, en obtenir davantage ; et par-dessus tout, je les conjure de ne jamais s’aventurer dans une spéculation dont le chemin ne leur paraît pas parfaitement lumineux et dont les agents ne s’avèrent pas rigoureusement francs et loyaux.

En conclusion, si vous m’avez bien suivis, vous avez sûrement compris que ce livre est … classique et surtout très agréable à lire. Bien sûr, maintenant, je me dis qu’il serait peut être temps que je sorte La Foire aux Vanités de ma PAL.

Références

Le grand diamant des Hoggarty de William Makepeace THACKERAY – roman traduit de l’anglais par Paul Choleau (Bibliothèque Ombres / Éditions Climats, 2004)

4 commentaires

  1. j’aime bien thackeray – j’ai lu « vanity fair », j’en garde un excellent souvenir – je vais donc ajouter ce titre à ma LAL 🙂

    (la manière dont le livre se termine, sur un conseil, semble s’adresser à moi – je dépense trop en ce moment :D)

    1. Donc Vanity Fair est ok (j’ai du voir trois personnes qui n’avaient pas aimé et c’est tout). Pour le conseil, je suis un peu dans le même cas …

  2. J’ai beaucoup aimé les romans de Thackeray que j’ai lus. Même si celui-ci à l’air de porter les stigmates de sa publication en feuilleton, il me tente beaucoup. Je note !

    1. Tu as lu La foire aux Vanités, je suppose. Et quels autres ? J’espère que si tu le lis un jour cela te plaira.

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